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Tous unis dans la prévention des risques :
Etat et collectivités locales, associations, acteurs de la santé...

La mise en oeuvre d'actions de prévention des risques infectieux destinées aux usagers de drogues par voie intraveineuse et d'accessibilité au matériel d'injection stérile est une priorité de santé publique.

Depuis 1995, les actions de prévention chez les usagers de drogue par voie intraveineuse ont pour but de diminuer l'incidence des risques infectieux (principalement VIH et hépatites) liés directement ou indirectement à l'utilisation de matériel d'injection usagé, ainsi qu'aux relations sexuelles non protégées. Elles doivent aussi veiller à diminuer l'abandon des seringues sur la voie publique en favorisant la collecte et la destruction du matériel d'injection usagé.

Les études menées, tant en France qu'à l'étranger, montrent que ces actions de prévention sont d'une réelle efficacité puisque la majorité des personnes concernées ont modifié leur comportement et ont adopté de manière responsable les mesures préventives nécessaires, notamment en ce qui concerne l'abandon du partage des seringues et leur rejet sur la voie publique.

Cette politique a obtenu des résultats considérables en matière de lutte contre le Sida avec une très forte décroissance de l'incidence des nouvelles contaminations. Récemment, la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004 affirme la responsabilité de l’Etat dans la définition de cette politique. En créant les CAARUD (Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour les Usagers de Drogues) qui verront le jour au cours de 2006, elle confère sécurité et durée à une grande partie du dispositif jusque là fragile. Egalement issu de celle loi, le décret du 14 avril 2005 a donné un cadre pour les interventions de réduction des risques.

Cependant la prévalence de l'hépatite C reste, selon les études, de l'ordre de 50 à 70% avec une incidence qui ne baisse pas. Face à cet enjeu de santé publique que représentent les hépatites B et C, le Ministre chargé de la santé a présenté, le 8 décembre 2005, le rapport du Comité stratégique du programme national hépatites virales. Concernant les propositions d’actions pour renforcer le dépistage et la prévention et améliorer la prise en charge des hépatites B et C, il a précisé que les programmes devraient s’adresser prioritairement aux populations les plus exposées aux risques d’hépatites virales, et notamment les usagers de drogues.

Les programmes de réduction des risques gardent donc toute leur nécessité, comme le rappelle par ailleurs le Plan gouvernemental de lutte contre les drogues illicites, le tabac et l’alcool 2004-2008.

En complément du dispositif développé par l'Etat, de nombreuses collectivités territoriales ont soutenu ou initié des actions de réduction des risques, notamment dans le cadre du "programme de collaboration avec les communes" décrit par la Lettre DGS-DIV-SIDA n° 95-1320 du 15 octobre 1995 et complété par la circulaire DIV/DPT-LSSP/MILDT/2001/14 du 9 janvier 2001, relative à la prise en compte de la lutte contre la drogue et prévention des dépendances dans le cadre de la politique de la ville.

Aujourd'hui encore, l'implication des collectivités territoriales et en premier lieu des communes demeure essentielle.
C'est pourquoi nous sollicitons à nouveau les élus, afin qu'ils contribuent, relancent ou développent l’implantation d’automates distributeurs et collecteurs de seringues dans leurs communes.

 

Monter un projet de RDR par automates

METHODOLOGIE POUR L’IMPLANTATION DES AUTOMATES

- SYNTHESE -

Préambule :
Ce document traite de l'implantation d'automates ; mais l'évaluation des dispositifs et des besoins n'aboutuit pas forcément à la conclusion qu'il faut installer un automate. Un autre projet peut en découler.

Pour qu'il y ait une implantation d'automates, il faut que le projet soit opportun, possible, réalisable et contrôlable. Les différentes étapes de la démarche permettent de s'assurer que l'on remplit chacune de ces conditions.

Etape 1 : pré-évaluation

Il s'agit de déterminer s'il est opportun de prévoir l'installation d'automates, c'est-à-dire :

  • s'il y a un besoin qui justifie de vouloir installer un nouveau dispositif,
  • s'il manque quelque chose au dispositif existant pour répondre au besoin actuel,
  • si les acteurs locaux sont prêts à accepter un nouvel élément dans le dispositif, notamment un automate.

Pour cela, nous proposons :

  • d'évaluer les besoins locaux des usagers de drogues (connaissance de la population et de ses pratiques),
  • d'évaluer le système de réponse existant (accès à l'information et aux matériels),
  • d'évaluer l'état d'esprit des acteurs (connaissance des individus et de leur opinion, évaluation de la capacité des acteurs à travailler ensemble, repérage des personnes clés du projet).

Etape 2 : préparation du projet

Il s'agit de déterminer s'il est possible d'envisager l'installation d'automates et plus précisément :

  • d'organiser une concertation avec l'ensemble des acteurs (Préfet, représentants des villes, Procureur, Commissaire de Police, acteurs jeunesse et sports, pharmaciens, hôpitaux, centres de santé, associations…) pour déterminer quels accords et autorisations sont possibles ;
  • de désigner un porteur du projet, celui-ci devant idéalement : être intéressé par la réduction des risques, au contact de la population concernée, crédible en tant que structure, capable de mener une action durable, en possession de ressources humaines disponibles, indépendant des groupes de pression.
  • de mettre en place un dispositif et sa coordination, c'est-à-dire définir le rôle de chacun, son implication et ses responsabilités, et nommer un coordinateur, qui doit connaître les acteurs concernés, être intéressé par la réduction des risques et capable de mener une action durable, et en lien avec les groupes de pression de sorte à pouvoir identifier les problèmes et remonter l'information.

Etape 3 : mise en œuvre du projet

Il s'agit de s'assurer que le projet est réalisable sur le plan pratique et donc de trouver :

  • un lieu adapté pour installer un dispositif : ad hoc pour répondre aux besoins des toxicomanes (pas isolé, utilisable discrètement, passant, sur le passage habituel des usagers de drogues, proche des structures de prévention…) et susceptible d'accueillir un automate (accord pour la mise à disposition d'un mur, d'une façade, accord des autorités pour l'implantation sur la voie publique, existance ou non de groupes de populations réfractaires…) ;
  • le dispositif technique nécessaire et son budget (choix du dispositif, rédaction du cahier des charges pour le matériel, appel d'offres…).
  • un processus de gestion efficace pour faire fonctionner le nouveau dispositif : moyens d'accès aux jetons et aux seringues, définition des rôles et responsabilités de chacun dans le processus, évaluation du coût réel du projet, établissement des conventions et contrats…).

Etape 4 : préparation du suivi du projet

Il s'agit de mettre en place les outils de contrôle du projet de sorte à réajuster l'action à mesure de l'évolution des besoins. Cela signifie notamment :

  • prévoir la mesure des résultats, en incluant la recherche des dysfonctionnements,
  • rechercher les besoins en formatoin et en animation du réseau,
  • échanger des informations sur les pratiques.

 

OU INSTALLER UN AUTOMATE ?

QUELQUES PISTES DE REFLEXION…

Le choix des sites d'implantation des collecteurs et distributeurs automatiques de seringues est souvent un problème ardu, même lorsque tous les acteurs locaux sont d'accord sur le principe d'un tel dispositif.

Nous retenons de l'expérience des 6 dernières années qu'il n'existe pas de lieu d'implantation idéal reproductible dans chaque ville ; plusieurs paramètres sont à prendre en considération dont l'environnement qui est spécifique à chaque commune.

Il importe tout d'abord de trouver un juste équilibre entre les critères d'accessibilité et d'acceptabilité. L'automate doit être situé dans un endroit aisément accessible pour les usagers de drogues, condition de son utilité ; mais il doit également être accepté par la population environnante.

Le choix du lieu d'implantation doit donc reposer sur une parfaite connaissance des habitudes de vie des usagers de drogues et des habitants du quartier pour permettre la meilleure intégration possible.

Il est très intéressant d'installer les automates à proximité des pharmacies ou des centres d'accueil de toxicomanes, d'une part parce qu'ils peuvent faciliter la lisibilité pour les riverains et le travail d'explication nécessaire et, d'autre part, parce qu'ils permettent de mieux associer la prévention par automates à une relation humaine et éventuellement une prise en charge médicale ; enfin parce qu'une telle situation garantit une gestion et une maintenance des appareils au quotidien.

Mais ce critère d'implantation ne va pas forcément permettre de toucher l'ensemble des usagers, bon nombre d'entre eux souhaitant notamment garder l'anonymat. Les dispositifs installés sur la voie publique, sans proximité particulière avec les acteurs de santé, sont eux aussi très utilisés.

Ces éléments démontrent que, pour être efficace, le dispositif ne doit pas être réduit à quelques appareils mais être banalisé et le plus généralisé possible. On facilite ainsi l'accès au matériel, ce qui diminue non seulement le risque de réutilisation ou de partage du matériel mais aussi les risques de concentration des usagers de drogues par voie intraveineuse autour d'un même lieu.

Sur le plan pratique, quelques recommandations peuvent être formulées :

  • Eviter l'installation à proximité des lieux de deal, mais choisir un site sur l'itinéraire des personnes usagères de drogues.
  • Eviter de stigmatiser un quartier précis et rendre les automates les plus anonymes possibles (par exemple : implantation à proximité des collecteurs de verres ou de papiers…). Cette solution comporte l'avantage de la banalisation et se justifie aussi au regard de certaines situations locales caractérisées par une grande mobilité des lieux de l'offre et donc de la consommation des drogues.
  • Privilégier les voies roulantes, passantes et larges et éviter absolument les lieux trop retirés ou trop en vue des habitations.
  • Tenir compte des implantations d'écoles, d'aires de jeux, de crèches, de locaux associatifs, de postes de police…

 

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